Tous les articles de Richard De Logu

Rencontre internationale francophone des fablab / labfab à Rennes durant Vivacités

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A l’occasion de cet événement et dans le cadre du village numérique, nous accueillons nos partenaires francophones afin d’échanger sur nos pratiques respectives, les enjeux de la francophonie dans les projets innovants, les différences et la co-construction de projets communs.

Nos invités :

M. Nguyen Sinh Vien –  Représentant de la Maison des Savoirs de Hué (Vietnam)  ainsi que Mme Le Thi Hong Thuy et Mlle Nguyen Thi My Hanh.

Mme Monique Chartrand – Représentante et directrice de Communautique (Montréal/Canada) ainsi que M. Marc-Olivier Ducharme  (Montréal/Canada)

M. Gildas Guiella- Représentant de Fablab BurkinaFaso (Ouagadougou/Burkina Faso)

Mme Emmanuelle Bouiti – Représentante de Jokkolabs (Dakar/Sénégal)

Le lieu de la rencontre ouverte à tous : Le liberté à Rennes le dimanche 7 octobre de 10h30 à 12h.

 

 

Jonathan Kuniholm, l’électronique libre et le handicap

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Qui est le mieux placé pour formuler des problématiques devant être résolues par l’industrie ou les designers ? 

Jonathan Kuniholm répond sans aucun doute l’usagers ou le consommateur. Cet ancien marine, blessé en Irak et amputé du bras droit a du, grâce au soutien certes (très modique toutefois) d’une agence de la défense américaine bien connue des internautes : la DARPA, résoudre seul son problème d’évolution technologique de sa prothèse de bras. Le constat est accablant : aucune entreprise ne s’intéresse à ce marché car il n’est pas rentable, le service public (comment ??) n’ayant également pas nécessairement établi comme priorité de développer la recherche dans ce domaine, ce citoyen s’en est remis au web 2.0 et à ceux qui l’habitent (demandez à Frédéric Lefebvre) pour faire évoluer un modèle inerte depuis les années 80.

Plus précisément, il existe des mains ou bras myoélectriques inaccessibles à la plupart des patients car extrêmement coûteux. Lors d’une intervention à LIFT 11 (en juillet 2011), Jonathan Kuniholm expose également en quoi le concept de démocratisation de l’innovation décrit par Eric Von Hippel est une base sur laquelle il peut construire au sein de son projet Open Prostethics, une communauté d’intérêts permettant de formuler puis résoudre des problèmes à l’aide d’ outils comme l’électronique libre, les réseaux sociaux, les périphériques comme la manette Wii ou la Kinect.

Je me souviens notamment d’une anecdote où Kuniholm relate le refus d’Apple de communiquer ou de libérer la technologie de ses batteries permettant d’alimenter une prothèse, illustrant de belle manière comment cette marque a pu communiquer sur des valeurs exactement à l’inverse de ses pratiques économiques. Mais c’est un autre sujet…

Nous allons aborder lors d’ateliers programmés durant les vacances de pâques le thème des handicaps en évaluant comment des usagers sont capables d’initier, puis de traiter des projets résolvant des problématiques rencontrées quotidiennement par des handicapés et sans réponse adéquate de l’industrie (coût exorbitant du moindre périphérique adapté).
La vidéo de TEDx est éloquente et résume en 17 minutes un projet passionnant.

Propriété intellectuelle et Labfab

(Licence cc) - cartoonforteachers - http://cccartoonsforteachers.blogspot.com/

Lundi soir, des participants du labfab se sont retrouvés après une dure journée de labeur autour de l’imprimante 3D, et le sujet de la protection des idées ou projets est venue enrichir un réflexion qui nous est précieuse à Bug sur la propriété intellectuelle. Il se trouve également que ce sujet est actuellement largement débattu pas les internautes de toutes origines (pas seulement les juristes bien heureusement) et agite jusqu’à nos hommes et femmes politiques : traité ACTA, controverse et retrait à la demande de Gallimard d’un traduction en ligne du Vieil homme et la mer, et l’ »open source Hardware », l’électronique libre, dont nous nous faisons les plus ardents défenseurs.

(Licence cc) - cartoonforteachers - http://cccartoonsforteachers.blogspot.com/

Il se trouve que l’on entend beaucoup d’erreurs formulées par les designers et étudiants sur ces questions (très) complexes et extrêmement révélatrices du modèle de société que nous défendons. Quelques rappels : le droit du logiciel est à ce jour en France régit par le droit d’auteur, le droit du brevet se bornant à la propriété industrielle (inventions) dont les conditions d’exercice sont draconiennes et pour laquelle la mise en œuvre peut être très coûteuse. Le principe est que pour toute reprise éventuelle d’un plan de construction, de modification d’un produit, une redevance doit être réglée au titulaire sous peine de procès pour contrefaçon (gros contentieux en France).

La conception de la propriété intellectuelle que nous défendons dans le cadre de ce projet de Labfab a pour but de distribuer, partager dans les meilleures conditions possibles les plans, maquettes, documentations et prototypes conçus dans le cadre du projet, grâce à l’outil mis à disposition. Ceci n’empêcherait en revanche pas l’auteur ou l’inventeur de revendiquer un droit spécifique ultérieurement mais ne pourrait pas privatiser un projet conçu au Labfab. Le choix nous appartient par conséquent de choisir une licence nous permettant ces possibilités a priori antagonistes. L’exemple que nous citons régulièrement est celui de la machine à laver open source, des plans ont été livrés sur le web et ont donné lieu à un nombre important de productions équivalentes. La libre circulation des plans est la condition préalable et nécessaire à ce que nous puissions à nouveau mettre la main dans la production et la réparation de biens manufacturés, chose à ce jour interdite par le brevet et l’électronique embarquée à tous les niveaux.

Le choix de la charte, un enjeu crucial

La charte ou la licence appliquée au productions du Labfab est probablement le sujet le plus sensible que nous allons aborder avec les étudiants et partenaires. La recherche du brevet est une constante chez les étudiants et designers, garantie hypothétique de revenu. En réalité, sa mise en œuvre est souvent très coûteuse et à l’instar du nombre d’artistes inscrits à la SACEM, ne touchant pas un centime sur l’exploitation de leurs œuvres, les inventeurs n’en perçoivent rien. Alors, n’y a t-il pas un autre modèle à promouvoir auprès d’eux et de leurs professeurs, des usagers ? Il serait fondé sur le respect de la qualité d’auteur ou d’inventeur mais en garantissant un partage de cette richesse entre les usagers d’un lieu de recherche mis à disposition grâce aux deniers publics. La discussion est lancée, le choix interviendra dans les prochaines semaines.

 

 

 

 

 

 

Lancement du Labfab – Semaine « Bootcamp » – Construction de l’imprimante 3D

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Nous étions une vingtaine ce lundi 20 février pour le lancement tout à fait non officiel du labfab rennais. Cette semaine a pour but d’aménager le lieu mis à disposition par l’école européenne des Beaux-Arts de Rennes, et d’assembler l’imprimante 3D (Makerbot, c’est la marque comme frigidaire celle d’un réfrigérateur…). Des étudiants se sont toutefois motivés pour découvrir dans cette période de vacances scolaires, les rudiments de la programmation sur Arduino et plus généralement de la manière de travailler cette nouvelle matière.

Beaucoup d’enthousiasme et déjà quelques verrous techniques, il manque de pièces ou bien on ne comprend pas le manuel d’assemblage (en ligne exclusivement), la connexion internet est récalcitrante… Nous sentons tout de même que malgré la complexité des sujets abordés, l’électronique libre est tout de même plus difficile à appréhender que le programme présidentiel d’Hervé Morin, l’intérêt est présent, à  la fois pour des raisons techniques et « éthiques » (on reparlera prochainement de ce sujet).

Dans la matinée, Laurent Delahaie (Bug) et Hugues Aubin (Ville de Rennes – Rennes Métropole) ont passé en revue le matériel disponible : capteurs, consommables, boucliers, xjklm… après que nous ayons rappelé la génèse et la nature de notre projet. Cet après-midi, atelier de découverte Arduino animé par Baptiste Gaultier de Télécom Bretagne pendant que mes collègues s’arrachent les cheveux sur la Makerbot.

Des nouvelles chaque jour de cette semaine…